DV-106-capture-p1  Ce nouveau dossier de veille est le premier d’une série de 4 commandités par la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (MENESR) à l’Institut français de l’Éducation (ENS de Lyon). La convention prévoit en effet la tenue de  4 conférences de consensus, chacune d’elles étant accompagnée d’une revue de littérature.

La première conférence porte sur le thème « Réussite et échec dans l’enseignement supérieur », elle aura lieu à Paris dans les locaux du ministère les 16 et 17/12/2015 (màj 07/03/2016 : vidéos en ligne). Ce dossier propose d’aborder le sujet de biais… en plaçant la focale sur les expériences d’études, histoire d’échapper un peu à la rhétorique chiffrée de l’échec en premier cycle…

Endrizzi Laure et Sibut Florence (2015). Les nouveaux étudiants, d’hier à aujourd’hui. Dossier de veille de l’IFÉ n°106, décembre. Lyon : ENS de Lyon.
En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=106&lang=fr

Voici le résumé de l’article :

Caractériser les étudiants d’aujourd’hui est une entreprise complexe tant leurs profils, leurs expériences et leurs parcours d’études se révèlent diversifiés. L’hétérogénéité de la population, plus ou moins marquée selon les filières, s’est accrue dans la dernière décennie, notamment avec l’arrivée des nouveaux bacheliers professionnels, l’essor des étudiants étrangers et le développement du travail salarié, rendant la socialisation et l’affiliation aux normes d’études plus complexes. Ces populations étudiantes composites, tant dans leurs caractéristiques socio-démographiques que dans leurs projets, se sont définitivement éloignées de la figure idéale du bachelier « à l’heure », ayant intégré une filière choisie. L’entrée dans le supérieur, synonyme de ruptures plus ou moins fortes selon les types d’études, s’accompagne la plupart du temps de l’apprentissage d’un autre rythme et du développement de pratiques d’études plus autonomes.
Dans quelle mesure leurs parcours sont-ils réellement subis ? Les projets formulés en amont sont-ils un gage d’investissement dans les études ? Leurs compétences numériques facilitent-elles cette transition vers du travail autonome ? La qualité d’un cours, selon eux, est-elle liée à une méthode pédagogique plutôt qu’à une autre ?
Ces questionnements, au coeur de ce Dossier de veille, nourrissent une réflexion plus globale sur les expériences d’études, basée sur une exploration de la littérature scientifique récente, essentiellement française. Il s’agit en creux d’examiner les conditions de vie et d’études les plus propices à la réussite étudiante et de mettre au jour les décalages potentiels entre étudiants et enseignants en termes d’attentes et de pratiques.

… et son plan détaillé :

1/ Une population plus hétérogène

  • Des sous-populations encore mal connues
    • Des publics nouveaux, jeunes et moins captifs
    • Des conditions de vie jugées difficiles
    • Des étudiants travailleurs aux profils composites
  • L’hétérogénéité dépend de la filière
    • Homogénéité et réussite ?
    • Des orientations subies à l’université et en STS
    • Des entrées régulées par l’autosélection

2/ Des parcours plus complexes

  • Intérêt pour les études ou projet professionnel ?
    • Le diplôme n’est pas toujours l’enjeu
    • Défaut de projet professionnel : un risque ?
    • Prévalence de l’intérêt pour les études dans la réussite
    • Des étudiants pas toujours prêts
  • Des parcours toujours socialement marqués
    • Légitimer les trajectoires non « rectilignes »
    • Abandons, réorientations et reprises d’étude
    • Le temps : un allié pour réussir et s’insérer

3/ Quels environnements propices à la réussite ?

  • L’université permet-elle cette socialisation nouvelle ?
    • Une dissociation des lieux d’études et de loisirs
    • Des formes d’entraide entre pairs
  • Des conditions d’études plus propices à la réussite ?
    • Des filières comme facteur différenciateur
    • Des filières comme prolongation du secondaire
    • Des formations professionnalisantes motivantes ?
    • Apprentissage d’un autre rythme
  • Des pratiques d’études souvent superficielles
    • Pas de transfert des pratiques numériques privées
    • Glissement du « pratique » au « moindre effort »
    • L’auto-efficacité : une clé ?
    • La guidance pour composer avec le facultatif

4/ Étudiants et enseignants : des décalages ?

  • Pour un usage modéré du numérique
    • Dépasser le mythe de la « génération mutante »
    • Un plébiscite pour les ENT
  • Le cours magistral, est-ce vraiment le problème ?
    • Un enseignement transmissif en amphi ou non ?
    • Savoir utile ou savoir abstrait : faut-il choisir ?
    • Pas d’attentes réelles pour des pédagogies innovantes
  • De la qualité du cours à celle des apprentissages
    • Au cœur de la qualité du cours, les contenus et la cohérence
    • Les dimensions de l’expérience étudiante

5/ Quelles implications pour la réussite étudiante ?

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