Pour ce nouveau dossier de veille, j’ai eu envie d’investiguer un peu du côté de la formation des adultes… Pour comprendre un peu mieux les activités de mes collègues du Centre Alain Savary et celles de la Chaire Unesco “former les enseignants au XXIe siècle”, et aussi pour nourrir mes propres réflexions sur le développement professionnel des enseignants du supérieur… L’idée était d’orienter l’analyse sur le développement de compétences en milieu professionnel… Une plongée passionnante dans l’univers de l’autodidaxie et des organisations “capacitantes”…

Endrizzi Laure (2015). Le développement de compétences en milieu professionnel. Dossier de veille de l’IFÉ n°103, septembre. Lyon : ENS de Lyon.
En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=103&lang=fr

Voici le résumé de l’article :

L’avènement de la formation « tout au long de la vie » à la fin du XXe siècle a redonné une certaine vitalité à des débats déjà anciens sur les liens entre travail, emploi et formation, semblant fragiliser le modèle de la formation professionnelle continue tel qu’il s’est développé en France depuis les années 1970. Le professionnel n’est plus seulement celui qui sait, mais aussi celui qui est capable de mobiliser ses compétences à la fois pour effectuer les tâches qui lui incombent et pour mieux maîtriser son parcours. Une telle orientation, portée par l’Union européenne et soutenue par les législations nationales, éclaire d’un jour nouveau le rôle que les organisations peuvent jouer pour accompagner une formation continue plus émancipatrice, plus ancrée dans les processus de travail et moins standardisée.
Ce nouveau Dossier de veille de l’IFÉ aborde ainsi la formation tout au long de la vie sous l’angle du développement de compétences en milieu professionnel. Après avoir posé quelques jalons pour apprécier les conceptions de la formation dans une certaine continuité historique, le Dossier se concentre tour à tour sur cet adulte autodidacte, « capable » d’apprendre et de se transformer, puis sur les organisations « capacitantes » qui favorisent, via leurs pratiques managériales, une culture de l’apprendre. La dernière partie interroge le potentiel d’apprentissage des « lieux » de travail à la lumière des travaux français issus de l’analyse de l’activité, centrés sur les pouvoirs d’agir des individus d’une part, et des travaux anglo-saxons du workplace learning, qui s’intéressent à la qualité des environnements de travail au travers leurs affordances d’autre part.

… et son plan détaillé :

1/ La formation des adultes dans tous ses états

  • De l’éducation permanente
  • … À la formation tout au long de la vie
  • Des apprentissages autodidactes, sur le lieu de travail ?

2/ De l’adulte incertain à l’adulte capable ?

  • Un adulte qui construit du sens par l’expérience
    • L’andragogie n’est pas la pédagogie ?
    • L’expérience comme processus externe et interne
  • Un adulte qui s’autoforme ?
    • L’apprentissage autodirigé : une autonomie des buts et des moyens
    • Une dynamique conflictuelle au cœur de l’apprentissage autorégulé
  • Un adulte qui se transforme plus qu’il ne se forme
  • Un adulte qui apprend tout au long de la vie ?
    • Les salariés privilégiés se forment
    • Les autres n’en voient pas l’intérêt
  • Des pratiques plus combinatoires qu’informelles
    • Un flou conceptuel pour des apprentissages sans « forme »
    • Informel, non formel, formel : une distinction caduque ?

3/ Vers des organisations capacitantes ?

  • Une diversification de la formation professionnelle continue
    • Des cultures nationales « polyformatrices » ou « monoformatrices »
    • Des entreprises qui composent avec la réglementation
    • Des entreprises efficaces et satisfaites, qui sous-investissent ?
    • D’autres modalités planifiées sur le lieu de travail
    • Des PME fragilisées, privilégiant des pratiques informelles ?
  • Le management au service de l’apprentissage tout au long de la vie
    • Des organisations apprenantes capables de s’adapter
    • Miser sur le développement professionnel et personnel des salariés

4/ Pour un travail plus formateur

  • Se former sur son lieu de travail ?
  • L’analyse du travail au service du développement de compétences
    • Rendre le travail formateur pour développer les pouvoirs d’agir
    • Action, production de savoirs et construction du sujet
    • Vers une pédagogie des situations professionnelles
    • Analyse du travail en vue de la formation
    • Développement du travail, pas seulement des individus
  • Le Workplace learning, pour des individus capables dans des environnements capacitants

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