Entre 2007 (réalisation d’une 1ère synthèse sur les politiques de l’orientation scolaire et professionnelle) et 2009 (date du présent travail), il s’est passé… la Présidence française de l’Union européenne et la résolution 2008 sur l’orientation tout au long de la vie…
Je me permets de rappeler que l’INRP a contribué à la rédaction de cette résolution et que les personnes qui sont intervenues n’ont pas fait de figuration…
Et en cette période faste (pour l’orientation et pour l’INRP), la DGESCO a exprimé – assez confusément il est vrai – une demande pour un travail comparatif sur la question des compétences à s’orienter. Et voilà le résultat :

Endrizzi Laure (2009). « La relation école-emploi bousculée par l’orientation ? ». Dossier d’actualité de la VST, n° 47, septembre. En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=47&lang=fr

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Peut-on encore aujourd’hui interroger un élève, un jeune, sur ce qu’il veut « faire comme métier plus tard » ? Cette question a-t-elle encore un sens si elle ne s’insère pas dans une approche plus globale ? Quelles missions l’école doit-elle assurer pour non seulement favoriser la réussite de chaque élève, mais également celle des adultes socialement et professionnellement intégrés qu’ils aspirent à devenir ?

Si la naïveté de telles questions n’échappe à personne, l’acuité singulière avec laquelle elles se posent à une époque où l’insertion professionnelle souffre d’une conjoncture mondialisée incertaine, est bien réelle. Dans le prolongement d’un précédent dossier consacré aux politiques d’orientation scolaire et professionnelle (Endrizzi, 2007), la VST propose ce mois-ci un dossier d’actualité intitulé La relation école-emploi bousculée par l’orientation, qui offre un panorama international des politiques publiques au service d’un rapprochement école-emploi, et en particulier des mesures visant à introduire ou renforcer une approche éducative de l’orientation.

Dans une partie introductive, la relation école-emploi est analysée, à la lumière des politiques publiques encouragées par l’OCDE et les instances européennes. La question de l’allongement des études et de la dévalorisation des diplômes est soulevée, ainsi que le rôle de l’école dans la prise en compte de la complexification de la demande sociale. Dans un environnement économique qui valorise l’autonomie et la flexibilité de l’individu, la place grandissante occupée par les approches par compétences et les difficultés que cette introduction dans la formation initiale soulèvent sont évoquées. Les travaux permettant d’anticiper les besoins du marché et de formaliser les ajustements entre qualifications et compétences sont également mentionnés.

Avec la deuxième partie, ce sont les efforts conjugués des organisations internationales et européennes pour encourager au développement d’une orientation tout au long de la vie (OTLV) qui sont abordés, tandis que l’orientation évolue d’une conception centrée sur le « counselling » à une approche de type « guidance ». La résolution européenne publiée en 2008 (Mieux inclure l’orientation tout au long de la vie dans les stratégies d’éducation et de formation tout au long de la vie), offre un cadre d’actions permettant aux états membres de s’engager dans des réformes de fonds, (dont le projet de loi relatif à l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie en France, est représentatif). La mobilisation européenne autour de la formation des praticiens de l’orientation, scolaire ou non, est également significative de cet intérêt pour l’OTLV.

La troisième partie aborde plus spécifiquement la question de la « capacité à s’orienter » promue au rang des axes prioritaires avec la résolution de 2008. Elle s’appuie sur les référentiels de compétences existants pour en comprendre les ingrédients et offre un panorama des modélisations et approches pédagogiques conçues depuis une vingtaine d’années. Dans cette partie, les travaux nord-américains sont particulièrement mis en lumière, depuis l’ADVP jusqu’au Plan directeur canadien pour le design en développement vie-travail, en passant par l’approche orientante.

Dans une dernière partie, sont présentées les mesures actuellement déployées ou en cours de déploiement dans l’enseignement secondaire de quelques pays choisis : Allemagne, Danemark, Canada (Québec), Royaume Uni (Angleterre).
La France fait l’objet d’un développement moins descriptif ; des références aux réformes en cours (voie professionnelle, lycée), au dispositif suppléant à l’éducation à l’orientation de 1996 (Parcours de découverte des métiers et des formations, PDMF), ainsi qu’à l’option Découverte professionnelle 3 (DP3) sont effectuées.
Malgré des divergences importantes, nous verrons que les réformes susceptibles de rapprocher l’école et l’emploi se concentrent essentiellement sur deux points :
– une rénovation de l’enseignement professionnel d’une part,
– une généralisation des dispositifs d’éducation à l’orientation dans le secondaire d’autre part.
La variation porte clairement sur les types de relations qui sont créées entre un établissement scolaire et son environnement économique proche, et sur la place donnée aux dimensions personnelle et professionnelle de la capacité à s’orienter.