Après m’être intéressée (en gros) à la question des compétences à s’orienter au moment de la sortie de l’enseignement obligatoire, je continue à creuser mon sillon, en examinant cette fois-ci les difficultés qui marquent la transition vers l’enseignement supérieur et les mesures de prévention et de remédiation prises en France et ailleurs (Belgique notamment).

Endrizzi Laure (2010). « Réussir l’entrée dans l’enseignement supérieur ». Dossier d’actualité de la VST, n° 59, décembre. En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=59&lang=fr

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(annonce de sa mise en ligne)
A la question de savoir si on peut aider les étudiants à réussir leur entrée dans l’enseignement supérieur, on est tenté de répondre “oui, évidemment” ! Pour autant, les pouvoirs publics s’interrogent depuis plus de 20 ans sur la manière de lutter contre l’échec et l’abandon à l’université, sans obtenir de résultats satisfaisants : bien au contraire, ces phénomènes semblent s’aggraver (pas seulement en France, d’ailleurs).

Le sujet est également abondamment traité par les chercheurs : nombre d’études se sont intéressées à cette nouvelle population étudiante qui, avec la massification, peut désormais prétendre à la poursuite d’études supérieures. Les inégalités, tant en termes d’accès que de réussite, et les difficultés que rencontrent les étudiants font également l’objet d’une littérature extensive.

Alors pourquoi revenir sur le sujet aujourd’hui avec ce nouveau dossier d’actualité de la VST ? Peut être parce que c’est seulement récemment que l’on parvient à prendre effectivement toute la mesure des efforts à consentir !

… que l’on prend conscience que ces phénomènes d’échec et d’abandon ne touchent pas seulement ceux qui s’inscrivent librement à l’université (d’ailleurs de moins en moins nombreux), mais que les filières courtes (surtout STS) et les écoles d’ingénieurs, malgré la sélection qu’elles opèrent, ne sont pas épargnées ;

… que l’on accepte que ceux qui échouent sont aussi parfois ceux qui réussissaient bien au lycée, que l’on admet que le discours commun sur la baisse de niveau et l’inadéquation scolaire n’est plus tenable et que l’échec ne peut décemment plus être imputable aux seuls étudiants ;

… que l’on comprend enfin qu’il ne s’agit plus de trouver LA solution (ex : le tutorat méthodologique) qui résoudra tous les échecs, mais qu’il s’agit bien d’avoir une approche plus “holistique” qui inclut, certes, des dispositifs d’accompagnement personnalisé, mais suppose également des transformations en termes d’offre de formation, d’organisation pédagogique et de pédagogie…

Bref, ce dossier, intitulé Réussir l’entrée dans l’enseignement supérieur, se propose de faire le point sur la question. Il se concentre sur le début du parcours des étudiants et les dispositifs d’aide à la réussite qui sont aujourd’hui proposés.

Après une première partie qui s’attache à mettre en évidence les spécificités françaises en termes d’accès et de réussite, il examine dans un deuxième temps les facteurs de risque, à la fois d’ordre contextuel et individuel, qui marquent l’entrée dans la vie étudiante, à la lumière des parcours et des expériences des étudiants. Dans une troisième partie, il aborde les différents dispositifs susceptibles d’aider les étudiants à entrer dans leur nouveau métier, et met au jour les approches multidimensionnelles qui sont aujourd’hui privilégiées.