Comment évoluer d’une “première orientation”, toujours stigmatisante en France, à une “orientation tout au long de la vie” ? Ce qui m’a intéressé dans ce travail, c’est d’essayer de qualifier la responsabilité des politiques publiques dans les difficultés / échecs de l’individu… en filigrane évidemment, l’idée que l’on peut agir… un sillon que j’aime bien creuser !

Endrizzi Laure (2007). « Les politiques de l’orientation scolaire et professionnelle ». Lettre d’information de la VST, n° 25, mars. En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=25&lang=fr

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(annonce de sa mise en ligne)
Après la publication cette semaine du rapport de la délégation interministérielle à l’orientation de Pierre Lunel, la 25e lettre VST vous propose de faire le point sur les politiques de l’orientation scolaire et professionnelle, à la lumière des récents travaux de recherche publiés sur le sujet.
Pour aller vite, le Schéma national de l’orientation et de l’insertion professionnelle propose de généraliser le module découverte professionnelle et l’entretien personnalisé en classe de 3e : des mesures qui renforcent l’implication du professeur principal et de l’équipe pédagogique et qui préfigurent l’introduction de l’orientation dans le socle commun.
Dans ce Schéma, les conseillers d’orientation-psychologues voient leurs missions recentrées sur des fonctions d’information et de coordination, en liaison avec les entreprises et le service public de l’emploi.

S’agissant du supérieur, Pierre Lunel confirme les options des travaux du débat national université-emploi sur l’orientation active, synthétisées dans le rapport Hetzel sorti en octobre dernier : notamment la généralisation du “dossier unique de candidatures”, instruit en amont de l’inscription, à la fois par le conseil de classe et l’université, et le renforcement des mesures d’accompagnement la première année.
Ici, à nouveau, les praticiens de l’orientation sont implicitement encouragés à recentrer leurs activités sur les questions de transition vers l’emploi.

Dans un contexte où les sorties sans qualification ou diplôme (entre 110 000 et 170 000 élèves et 80 000 étudiants chaque année) atteignent des proportions tout à fait préoccupantes, il est vrai qu’une rénovation des dispositifs d’orientation s’impose et qu’elle ne va probablement pas sans repenser les formes d’organisation mêmes de l’école… et de l’université. Même s’il serait réducteur de cristalliser sur l’orientation toutes les insuffisances du système éducatif… Et malgré les dispositifs très hétérogènes observables d’un pays à l’autre, les enjeux et les difficultés rencontrées sont le plus souvent convergents.

Les nombreux rapports publiés depuis 3 ans en France – et à l’international – sur le thème de l’orientation scolaire et professionnelle, appellent tous à cette rénovation, focalisant principalement sur 3 points :

  • la nécessité d’un pilotage national fort
  • l’adoption de standards de qualité et d’outils d’évaluation
  • le développement d’approches contractuelles ou partenariales

L’orientation, scolaire ou professionnelle, sous l’impulsion d’organismes internationaux tels que l’OCDE et le CEDEFOP, évolue progressivement vers une “orientation tout au long de la vie”, évolution qui devrait justement permettre de dédramatiser la « première orientation ». Mais la logique de répartition / sélection qui la sous-tend continue à stigmatiser ceux qui sont orientés, voire réorientés, et pose la question de l’équité.

Si les services publics de l’orientation doivent se moderniser, la question des moyens reste ouverte :

Entre une orientation « scolaire » souvent asservie aux résultats de l’élève, et une orientation « professionnelle » dominée par l’incertain, comment se (re)positionner ? Entre une orientation subie et une orientation active, comment trouver un équilibre pour concilier les logiques propres au système et celles des individus ? Entre qualification et insertion, entre savoirs et compétences, quelles missions pour l’école ?

C’est l’ensemble de ces questions que la lettre VST se propose d’examiner, autour des axes suivants :

  • comment peut-on articuler les logiques institutionnelles de gestion des flux et les logiques individuelles de projet personnel dans le processus d’orientation ?
  • quelles sont les expériences en cours en matière de normes de qualité et de pratiques partenariales, susceptibles d’éclairer nos propres réflexions ?
  • quels sont les facteurs internes et externes à l’école, qui influencent les trajectoires scolaires ?
  • faut-il former à l’orientation ? comment ? qui forme ? qui est formé ? pour quels résultats ?
  • comment repenser la transition école-emploi ? quels moyens mettre en oeuvre pour favoriser un tel rapprochement ?

Comme l’ensemble de nos lettres, cette revue de littérature s’accompagne d’une bibliographie évolutive, consultable et téléchargeable sur notre plateforme bibliographique.